Enquête-métier : Olivier Costemalle, en première ligne sur le web

Olivier Costemalle

Olivier Costemalle, 53 ans, a été rédacteur en chef adjoint du web à Libération.

 

Comment êtes-vous devenu FPE  (Front page editor)?

Initialement rédacteur en économie, j’ai aussi été secrétaire de rédaction et chef de service. En 2007, à Libération, la fonction de gestion de la page d’accueil n’existait pas en tant que telle, c’était le rédacteur en chef adjoint du web qui s’en occupait. Je ne connaissais pas grand-chose à internet mais je m’y intéressais beaucoup. On peut dire que j’ai été front page editor avant que le poste ne soit créé.

Quelles sont les qualités d’un bon FPE ?

Avant tout, c’est un journaliste expérimenté, capable de savoir ce qui est important, d’incarner la ligne éditoriale du site et de la mettre en scène. Il a un rôle stratégique : les chefs de service doivent pouvoir se fier à lui.

Il doit aussi être un bon secrétaire de rédaction. Je trouvais particulièrement gratifiant de mettre en valeur un papier intéressant mais passé un peu inaperçu. En le retitrant, en l’illustrant différemment, en le publiant dans un contexte plus favorable, je lui donnais une nouvelle chance.

L’aspect informatique est compliqué ?

Non, l’interface était facile à utiliser, développée en interne par des gens qui connaissaient nos besoins. Sinon, il faut une bonne connaissance du web et la curiosité de suivre ses mutations et les usages des internautes.

Comment diriez-vous que la fonction doit évoluer ?

Pour moi, le FPE ne commande pas de papiers mais fait vivre la home avec la matière dont il dispose. Il connaît bien le travail des rédacteurs.

C’est une fonction difficile et passionnante, qui demande beaucoup de concentration. Il y a beaucoup de pression, on est en première ligne. L’idéal serait qu’il y ait deux personnes qui se relaient toute la journée. Utopique à notre époque…

Propos recueillis par Marie-Do Bergouignan