Enquête-métier : Romain Iriarte rédacteur à BFMTV

romain Iriarte

Vingt-cinq ans et rédacteur à BFMTV, Romain Iriarte a accepté de nous faire part de son expérience de community manager et de partager sa passion pour les réseaux sociaux.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Mon bac littéraire en poche, j’intègre en 2010 l’EFAP, une école en communication à Paris. En parallèle, je me forme au métier du journalisme dans l’audiovisuel et à Radio France. Mais tout démarre en 2013. Après un stage difficile, je postule à une annonce de community manager sur Lefigaro.fr. Comme le hasard fait bien les choses, je deviens CM. Puis, je rejoins l’équipe social media du Tvmag.lefigaro.fr. Aujourd’hui, rédacteur à BFMTV, je me spécialise dans la culture, les médias et le people.

Comment êtes-vous arrivé à ce poste et ce qui vous a attiré dans le social media ?

Sans diplôme de journalisme, une petite expérience dans les médias, et beaucoup de culot, je persuade, Maxime Bellec, community, de me recevoir. Je lui explique ma théorie : pour développer la communauté d’internautes du Figaro, il faut s’adresser aux lecteurs comme France Bleu s’adresse à ses auditeurs. La clé du succès, la proximité. Convaincu, il m’a appris les bases du métier.

Qu’est un community manager ?

Pour beaucoup c’est juste un stagiaire qui passe son temps sur Twitter. Quelle vision réductrice du métier ! Son rôle est central, selon moi, il est le garant de la réputation de la société sur le Net.

Quelles étaient vos tâches ?

Assurer la veille informationnelle et concurrentielle, ce qui nécessite une constante vigilance. Gérer, bien évidemment, les comptes Facebook, Twitter, Google +. Préparer à l’avance les messages « froids », puis, programmer leur publication. Etre organisé est un atout. Le social media manager cherche constamment à créer de l’engagement et susciter de l’interaction avec les fans. Mais gare au troll (c’est une réaction violente visant à perturber la conversation, faire polémique et vous énerver).

Comment gérez-vous les commentaires désagréables, les remarques désobligeantes ?

Facebook, Twitter sont un espace d’expression où chacun est libre de dire ce qu’il pense dans le respect des dispositions légales (diffamations, insultes…). Face à un troll, la difficulté est de garder son calme et d’éviter de surenchérir. L’astuce : s’identifier et répondre avec son compte personnel car l’anonymat cristallise souvent les tensions.

Une opération dont vous êtes fier ?

L’équipe réseaux sociaux était chargée de sélectionner les meilleures photos (les plus esthétiques, les plus belles, insolites, drôles…) qui répondaient au thème de Noël. Cette opération a été diffusée avec un mot-clé, un hashtag (#) sur Twitter, Facebook et Instagram. Ensuite, j’ai diffusé sur le Net, classées par région, les meilleures images, sous forme de carte de France. Pour voir apparaître les photos, il fallait cliquer sur les villes. L’objectif était de créer du lien avec la communauté. Le succès de cette opération fut très gratifiant.

Quels sont vos réseaux sociaux privilégiés pour exécuter votre mission ?

Snapchat (essentiellement utilisé par les 13 – 25 ans) est un excellent outil de communication de proximité. Ludique, il permet de mettre en scène de petites histoires. Je m’inspire du storytelling (communication sous forme de récit). Au dernier Salon du livre, j’ai posté des snaps (photos, vidéos) pour mettre en valeur la culture française. Si je peux toucher un public plus jeune et les amener à lire davantage ou à voir des spectacles, mon objectif sera atteint. Susciter la curiosité et le désir sont mes leitmotivs.

Les médias devraient-ils intégrer un community manager dans leurs équipes ?

C’est primordial car tenir compte de l’opinion ou des remarques des internautes est très utile. Cela permet de mieux répondre à leur attente. Et seul un expert peut analyser ce retour. Mais son coût financier reste un frein (entre 30 000 euros et 55 000 euros par an – pour un profil junior et un profil confirmé).

Recueilli par Valérie Coat